"Le lion mange la gazelle" est un argument extrêmement courant et pas moins con, qui tente de justifier l'élevage et l'abattage d'animaux domestiques pour la production de viande, et une consommation de cet aliment (trop riche) à s'en faire péter les artères (d'ailleurs des fois ça ne rate pas), en s'identifiant à un animal sauvage, qu'ils ont vu une ou deux fois dans leur vie, et qui est très éloigné de nous tant sur le plan physiologique que comportemental. On répondrait volontiers que le lion mâle dévore également la progéniture de ses rivaux, et que par conséquent, on ferait bien d'être plus souples en ce qui concerne l'infanticide. Mais c'est un peu nourrir le troll... L'argument du lion est, de toutes façons, tellement absurde qu'il mérite qu'on s'arrête sur son absurdité sans forcément chercher à en soulever l'incohérence manifeste.
Vous remarquerez que c'est toujours le lion qu'on prend en exemple. De temps en temps ça peut être le tigre, parfois le chat et la souris... Vous n'avez jamais entendu:
"quoi, tu manges pas de viande? Mais c'est naturel pourtant: le flamand rose mange la crevette"
Ou encore:
"le blaireau mange la larve de coléoptère", "l'ornithorynque mange le ver de vase", "la truite mange la libellule". Ce sont pourtant des exemples de prédation pertinents.
Non, les blaireaux, les ornithorynques, les truites, ça les intéresse pas. C'est le lion, le tigre, ou bien parfois le chat, pour citer un animal qu'on a déjà vu au moins plusieurs fois dans sa vie (c'est plus concret, on est bien sur que ça existe).
Vous n'avez jamais non plus entendu de comparaisons avec nos plus proches cousins. Les grands singes se nourrissent principalement de végétaux, mais il arrive notamment aux chimpanzées de compléter leur régime alimentaire de termites, voire de petit animaux. Même si se comparer aux grands singes ne justifierait pas la consommation de viande, puisqu'elle n'est de toutes façons pas nécessaire à notre bien-être (ni au leur), ce serait déjà un peu plus intelligent. Mais nous préférons nous comparer à des animaux qui n'ont rien à voir avec nous.
Cet argument est donc du même ressort que le fameux argument des canines, qui tend également à nous comparer à de puissants carnivores. Comparer nos petits quenottes qui dépassent à peine de leurs incisives aux crocs d'un lion ou d'un tigre, ou même à ceux d'un chat, c'est un peu la grenouille qui voudrait se faire aussi grosse que le boeuf. Ironiquement, je pense que le fait que les canines soient un ornement social pour les primates (dont nous sommes), n'est pas tout à fait étranger à ça.
Parce que nous vivons dans une société de compétition dans laquelle tout nous encourage a écraser notre voisin. A l'école, nous sommes déjà classés du premier au dernier, du bon élève au cancre. Plus tard, dès le collège, si tu es une fille, tu dois etre mince et belle, mais comme il y aura toujours plus mince et plus belle que toi (ne serait-ce qu'à la télévision), tu ne sera jamais assez mince et belle, et d'ailleurs, cette compétition du "toujours plus mince" a fait naitre (et mourir, parfois) les tas d'os ambulants que nous connaissons aujourd'hui. Si tu es un mec, tu dois avoir la plus grosse moto (entre autres) et bien sur, la copine la plus mince, et surtout, jamais de sentiments, c'est pour les fiottes. L'atmosphère chargée d'hormones est tendue (entre autres), mais ça n'ira guère en s'arrangeant. Il faut se lever plus tôt, travailler plus que les autres, pour avoir une plus grande maison, une plus grosse voiture, un mari plus riche, une femme plus belle, qui doit rester mince après avoir accouché et jeune après avoir vieilli. Léo, théo ou matthéo devra être un plus beau bébé que les autres, parler et marcher plus tôt, et travailler mieux à l'école.
Le chômage c'est pour les faibles. La maladie, c'est pour les faibles. Quant à la pauvreté... Ces situations ne sont pas tant redoutées pour l'inconfort qu'elles représentent directement (qui est pourtant important), mais pour l'infériorité qu'elles induisent (pourtant superficielle et, en théorie, aisément surmontable).
Il suffit de regarder une publicité de voiture, de lingerie, de céréales ou d'à peu près n'importe quoi pour s'en convaincre: la société de consommation induit une frustration permanente, qu'il faut combler, comme toute frustration, en ayant plus. Un complexe d'infériorité, qu'il faut masquer, comme tout complexe d'infériorité, en écrasant l'autre.
Pas étonnant donc que les seuls animaux que nous valorisons soient le lion, le tigre, le loup; des prédateurs sans pitié, des animaux puissants et forts. Les seuls animaux domestiques qui aient plus ou moins grâce à nos yeux sont le chat, le chien, puissants prédateurs, et le cheval, dont nous admirons la force. Et nous méprisons allègrement le reste de la création, poule, bécasse, dinde, cochon, blaireau, ver, rat; et surtout, nous détestons les singes, ces bêtes qui nous tendent innocemment le miroir si peu déformant, nous montrent sans triche ni concession ce qu'est un primate. Cette bête sans griffes rétractiles, à la dentition d'herbivore, qui ne doit sa survie qu'à son opportunisme, son intelligence face à la force brute, à l'hostilité du monde.
Dans cette jungle, quelle place pour les plus faibles? Et les animaux en font partie. Si certains animaux peuvent nous servir de faire-valoir, d'autres, nous les utilisons pour nous distraire, nous vêtir ou manger. Ceux qui ne servent à rien, sont impitoyablement détruits. Jusque là, je ne vous apprend pas grand chose, mais le fait que certains animaux nous nourrissent revet un double aspect. Ces animaux ne sous servent pas seulement à nous remplir l'estomac, mais aussi, en les assimilant à des proies, à nous faire passer à des propres yeux pour des prédateurs. Et encore une fois, balayer d'un geste désinvolte les complexes d'infériorité qui nous minent.
De la pitié pour les faibles? Nous n'en avons même pas pour nous-même... De la pitié pour les proies? Allons, ce n'est pas digne du puissant prédateur qui fond sur sa victime.
Mais acheter une barquette de jambon aux hormones sous cellophane n'a jamais transformé un primate en carnivore, ni un charognard opportuniste en habile carnassier.
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10 commentaires:
L'homme est une erreur de l"évolution...s'en prenant à sa propre espèce (avec plaisir souvent) dans des proportions parfois énormes.
Intelligent, il s'est créé sa morale adaptée, issue des monothéismes, lui laissant ainsi une place déterminante dans le faire et le défaire.
Le vice se forgeant une morale, les plus faibles peuvent se préparer à souffrir pendant des millénaires.
La réflexion méritait d'être posée (quoi qu'un peu caricaturale par moment). Le trip moto/biatch/money ne recouvre qu'une minorité de la population. Elle est fortement visible puisque qu'essayant -par essence- de se montrer.
L'autre point, c'est de considérer comme fallacieux l'argument du lion (que j'ai déjà utilisé je l'avoue). C'est le premier carnivore qui nous vient à l'esprit et ce culturellement : le lion est partout, drapeau, cinéma ou contes pour enfants. C'est notre construction sociale qui veut ça, pas un complexe d'infériorité individuel.
Si je reviens sur la thèse défendue, comparer l'homme au lion pour justifier de manger de la viande est bête puisque nous sommes plus proche du singe herbivore. Du cochon aussi ... qui est quand même un omnivore sans pitié.
Faire le choix de se différencier du lion ou de mettre au pinacle le porc pour son peu d'esprit, n'est ce pas jouer le jeu du spécisme ?
"Vous remarquerez que c'est toujours le lion qu'on prend en exemple. De temps en temps ça peut être le tigre, parfois le chat et la souris... Vous n'avez jamais entendu:
"quoi, tu manges pas de viande? Mais c'est naturel pourtant: le flamand rose mange la crevette"
Ou encore:
"le blaireau mange la larve de coléoptère", "l'ornithorynque mange le ver de vase", "la truite mange la libellule". Ce sont pourtant des exemples de prédation pertinents.
Non, les blaireaux, les ornithorynques, les truites, ça les intéresse pas. C'est le lion, le tigre, ou bien parfois le chat, pour citer un animal qu'on a déjà vu au moins plusieurs fois dans sa vie (c'est plus concret, on est bien sur que ça existe)."
WAHAHAHA c'est énorme!!
"Dans cette jungle, quelle place pour les plus faibles? Et les animaux en font partie. Si certains animaux peuvent nous servir de faire-valoir, d'autres, nous les utilisons pour nous distraire, nous vêtir ou manger. Ceux qui ne servent à rien, sont impitoyablement détruits. Jusque là, je ne vous apprend pas grand chose, mais le fait que certains animaux nous nourrissent revet un double aspect. Ces animaux ne sous servent pas seulement à nous remplir l'estomac, mais aussi, en les assimilant à des proies, à nous faire passer à des propres yeux pour des prédateurs. Et encore une fois, balayer d'un geste désinvolte les complexes d'infériorité qui nous minent."
Quelle analyse :O Je suis d'accord avec ce que tu dis et un peu jalouse de n'avoir pas moi-même écrit ça.
J'adore ta prose!
@Neoxys: C'est le serpent qui se mord la queue. Si le lion est partout dans notre culture, c'est justement parce que nous valorisons tellement l'image du prédateur qu'elle nous omnubile. Pourquoi le lion est partout, et pas le serpent, la belette, l'hippocampe? Ca va bien dans le sens de ce que je dis. En France, on voit plus de pigeons que de lions, et on les prend pas pour autant en exemple sur leur manière de s'alimenter (qui leur permet pourtant un succès reproductif hallucinant alors que le lion se fait rare); et d'ailleurs, si on regardait un peu autour de nous sans être influencés par cette obcession du prédateur dominateur et puissant, les exemples de prédations ne manquent pas: vivant en ville, j'ai déjà observé des araignées dévorer des mouches (très impressionnant), des poissons gober les insectes effleurant la surface des étangs bétonnés, des lézards attraper des petits moucherons... Ca les gens ne le voient pas. La Nature est tout autour de nous, exacte, imparfaite et cruelle; mais nous la voyons lointaine, déformée, et l'idéalisons fortement, parce que nous ne savons pas observer et préférons vivre dans la fiction. (je développerai dans une prochaine note).
En bref, l'obcession du lion est un symptome de nos complexes d'infériorité qui sont aussi bien individuels que sociaux. Dans les autres cultures, tous les animaux sont symboliques de quelque chose, par exemple dans la culture chinoise, le serpent, le rat, le lapin, le cochon, le chat, représentent tous quelque chose (dans le désordre: sagesse, opulence, intelligence)... Mais dans notre culture, c'est le chat et la souris, le lion et la gazelle. Nous ne connaissons que la domination brutale. Triste, non?
Quand à ta dernière phrase je ne la comprend pas. Les cochons sont peut-être plus proches de nous que les carnivores, mais moins que certains rongeurs, et en tous cas beaucoup plus éloignés génétiquement que tous les primates. Je pense que tu confonds similarités de structure anatomique et proximité génétique. Nous sommes des primates, pas des suidés. En plus, je ne comprend pas pourquoi tu parles de "peu d'esprit" alors que les cochons sont remarquablement intelligents. Encore une fois, tu te comprends, enfin, je suppose.
@IV: merci ^^ mais moi aussi des fois je suis jalouse de pas avoir écrit des truc que t'as écrit!
@Tao: Je pense qu'on est souvent trop sévères envers l'espèce humaine. L'humain n'est qu'une pauvre petite éponge. Le vrai fléau pour moi c'est la "civilisation" qui a rasé toutes les autres.
"La réflexion méritait d'être posée (quoi qu'un peu caricaturale par moment). Le trip moto/biatch/money ne recouvre qu'une minorité de la population. Elle est fortement visible puisque qu'essayant -par essence- de se montrer."
Haha, j'aimerais tellement que ce soit vrai... Hélas ce "trip" est tellement présent dans notre culture en tant que symbole du succès absolu (cf les clips de rap, entre autres...) qu'on en est tous imprégnés jusqu'à l'os...
Imagine toi avec deux blondasses dans un coupé sport et plusieurs centaines d'euros dans tes poches. Tu te sentirais plutôt bien, non? Tu penses que ça ne concerne qu'une minorité de la population: une minorité de gens l'assument, plutôt, et sont jalousement regardés des autres (t'a vu comment il se la pète ?)
Il y a la une hypocrisie énorme d'ailleurs (jespere que l'Elfe en fera une note à part entière): Combien de femmes méprisent à autre voix les mannequins des magasines tout en pensant à quel point ça serait agréable d'être à leur place ?
On pense que chez les hommes ça va mieux alors que je crois personnellement que c'est pire: alors que la femme doit être jolie et mince, l'homme doit être parfait et sans failles, ou alors juste une ou deux petites failles facilement corrigeables.
Le jour où un gringalet veut commencer la musculation, on se moque de lui. Puis s'il devient musclé, on l'accusera de rien avoir dans le crane ou d'être superficiel, tout en le jalousant sur son physique.
On veut d'un homme qu'il ait la forme physique et une santé de fer, mais on se moque de celui qui boit de l'eau à l'heure de l'apéro.
En bref, on vit dans une société qui mélange jalousie, envie, hypocrisie, et surtout se trompe dans les valeurs qu'elle recherche.
Je crois en "l'élevation de l'homme". Je fais de la musculation parce que je pense qu'être fort et en forme physiquement va de pair avec mentalement. Quand je dit que je suis végétarien on pense que je plaisante, je n'ai juste pas le physique de l'emploi.
Un mec musclé, après tout, c'est fait pour écraser les autres, pas pour les protéger. J'ai pas raison?
Considérer l'homme comme une "erreur de l'évolution" prouve déjà que la notion d'évolution n'a pas été comprise. Une erreur implique un but, or l'évolution (dans sa définition la plus basique) ne tend vers aucun but. Et elle n'est pas la seule à s'en prendre à sa propre espèce (Lauren cite elle même un exemple dans son texte). Avec plaisir oui ça c'est exclusif.
Ensuite je pense que ce qui nous différencie le plus du lion, la comparaison est en effet débile, c'est l'exclusivité du régime alimentaire. Quand aux canines, leur présence ou leur taille ne prouve en effet rien, suffit de prendre le panda comme exemple.
L'homme n'est pas foncièrement mauvais, sinon il n'y aurait pas de commentaires sur ce blog, il y a en revanches de gros problèmes de société.
Par contre une tare qui peut toucher tout le monde c'est l'extrémisme, je n'en dirais pas plus...
Je pense pas que l'extrêmisme soit une tare. Tout dépend de quoi on parle. En général on parle d'extrêmisme vis à vis de la norme sociale et/ou des valeurs de la société. De ce point de vue, oui je suis extrêmiste et je m'en vante. Et en tant qu'extrêmiste je considère que c'est la société qui l'est, par rapport à mes valeurs. et je le pense vraiment, il suffit de visiter un élevage en batterie d'un oeil un peu critique pour s'en convaincre; encore faut-il oser avoir ce regard critique (je développerai aussi ce point). Par contre, si quand on dit extrêmisme, on pense intolérance, de ce point de vue je ne le suis pas. Au contraire, je fais preuve d'une tolérance inouïe au vu de mes convictions(envers les gens, pas envers leurs actes). Oui, je pense que tuer sans nécessité est un meurtre. Mais je ne juge pas tellement les gens, ni ceux qui tuent, ni ceux qui cautionnent; je désapprouve, c'est tout. Je ne jette pas la pierre. Je suis consciente de ce que signifie renier toutes ses croyances, si minables soient-elles.
Sinon je trouve le point de vue de Samuel intéressant, parce que regarder la superficialité qui est en nous, l'influence de la société de consommation/compétition sur nous=même, sur nos désirs, nos pulsions... c'est déjà un peu essayer de comprendre l'homme (ou la femme) sans forcément juger, condamner. Assumer ses petites envies, ses petites folies, ses petites mesquineries, sa petite ou grande connerie, c'est à mon avis, rejoindre plus vite le chemin de la sagesse que de tout rejeter en bloc, et sa nature d'humain imparfait avec, ce qui fait de nous des vivants, ce qui fait qu'un humain est con et donc qu'un con est un humain (donc un animal)... c'est en somme jeter le bébé avec l'eau du bain.
Le " roi de la jungle " fait fantasmer l'homme qui est est le roi de la terre mais a le désavantage par rapport au lion d' être entravé par la morale . Le lion n'est entravé par rien et n'a pas besoin des lourdeurs et subtilités des institutions humaines qui permettent à certains humains d'être plus forts que d'autres : le lion tue quand il a envie de tuer et ne rend de comptes à personne . Quel pied , d'autant plus qu'il est entretenu par des femelles ...
Le lion est un beau salaud qui emmerde les autres ( sauf le crocodile , roi de la jungle , mais liquide celle-là ) car il est le plus fort . En somme , le lion réalise le rêve des hommes , plus encore que l'international de rugby ou le boxeur poids lourd .
Le lion ne s'embarrasse pas quand il n'a pas réussi à transmettre sa descendance en fécondant une lionne : il tue les lionceaux que celle-ci a eu d'un autre lion car il sait que la lionne redeviendra en chaleur quand elle aura perdu ses lionceaux . Peut-être avez-vous vu ce documentaire animalier qui montre un lion solitaire frustré de ne pas avoir tiré son coup et qui s' approche , l'air de rien , des lionceaux , pendant que leur mère chasse . Les petits sont intrigués par ce grand papa avec plus de poils que maman mais n'ont pas le temps de se poser trop de questions : le lion les tue l'un après l'autre . Un coup de dent , on secoue la tête bien fort , on rouvre la mâchoire , et le tour est joué ! Une fois son forfait accompli , le roi lion s'en va paisiblement , apaisé de savoir qu'il a une nouvelle chance de copuler ...
" Et celui qu'est pas content , j'y pète la gueule , vu ? " : telle est sa devise .
D'où son succès d'estime chez les humains .
Je ne pense pas que le lion fasse un rapprochement conscient ou même confus entre tuer les lionceaux et se faire la lionne... Ni même entre se faire la lionne et transmettre son patrimoine génétique... Le lion agit en toute inconscience, ses comportements sont influencés par des choses que nous ne comprenons pas toutes, mais qui sont assez "fixes" dans les temps. Le développement d'un lien filial l'empêche peut-être de considérer ses lionceaux comme des proies... C'est une théorie mais je pense que l'accouplement prépare le terrain hormonal du comportement paternel. Quoi qu'il en soit, le mangeur de viande se veut comme le lion: il tue et mange en toute inconscience, sans le moindre regret de la vie qu'il ôte. Son erreur, c'est de penser que le lion est libre. Certes, le lion est libre du regret, libre de la compassion. Mais le lion est aussi prisonnier de ses représentations du monde, de son rôle dans la chaîne alimentaire, et enfin, de son ignorance. Le lion n'est pas libre parce qu'il ne pense pas, il voit que ça bouge, il tue. Il n'est libre ni de choisir ce qu'il mange, ni d'éprouver de l'amour envers d'autres que ceux qu'il est biologiquement programme à aimer (car les animaux sont biologiquement programmés à aimer). Le carniste est aussi peu libre que le lion, aussi enfermé que lui dans des représentations rigides, et persuadé que la cruauté est une liberté. Parce qu'on la présente comme telle, d'ailleurs; l'empathie est considéree comme une faiblesse, alors que c'est une force formidable, en particulier dans une société qui ne la perçoit pas comme telle. Le carniste croit que le lion est un rebelle parce qu'il tue et ne se soucie pas des conséquences, alors que le lion est justement tout sauf rebelle: il obéit à sa nature, en esclave soumis.
"il obéit à sa nature, en esclave soumis. "
Je pourrais jamais arrêter de manger de la viande, c'est trop bon
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